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Les minorités des sommets de l'ouest chinois
Par Nicolas GEORGE - INAP-G
Lauréat




                            
     



Article
L'image que nous avons de la Chine est celle d'un immense pays où tous les habitants ont les yeux bridés et où seuls les Tibétains font éventuellement figure d'exception. Cependant c'est sans compter les 55 minorités ethniques reconnues officiellement qui se répartissent sur la moitié du territoire et représentent 7 % de la population.

Après avoir passé 6 mois à travailler dans les métropoles chinoises au contact des Hans il me semblait indispensable d'aller à la rencontre de ces minorités oubliées du régime chinois et de leur mode de vie. Le lieu le plus propice à cette rencontre était sans aucun doute la province du Xinjiang, lieu historique de brassage culturel traversé par la route de la soie et qui partage ses frontières avec huit pays qui sont : la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et l'Inde. Les déserts et les plaines arides s'y étendent à perte de vue avant de buter sur de vertigineuses chaînes de montagnes.
L'importance géopolitique considérable de cette province et les ressources naturelles gigantesques (pétrole, minerais…) qui y sommeillent encore, en font un objectif principal du gouvernement chinois qui comme au Tibet y envoie des fonctionnaires hans en grand nombre pour limiter les risques de révoltes indépendantistes.

Pour découvrir le mode de vie traditionnel de ces minorités je me suis rendu dans la chaîne du Pamir sur les flancs du Muztagh Ata (7546 m) où des éleveurs Kazakhs, Kirghiz et Tadjiks se côtoient sans se mélanger. Accompagné d'un guide local Kirghiz et d'un chameau j'ai contourné pendant dix jours ce sommet vertigineux éloigné de tous moyens de communication et loin de l'influence du régime chinois. Mon parcours au milieu de ces montagnes a été ponctué de chutes de neige rendant le passage de certains cols à plus de 5000 mètres impossible pendant plusieurs jours. Cela m’a permis de nouer des liens plus forts avec les familles malgré la barrière de la langue. J’ai partagé tous mes repas avec les villageois qui m’ont toujours accueilli chaleureusement. J’ai ainsi pu pénétrer dans l’intimité de leur foyer. Ce photoreportage a pour but de montrer le mode de vie de ces éleveurs d'altitude et de leurs familles, qui n'a pas changé depuis des siècles. Il expose également l'extrême beauté de ces visages maltraités par un soleil brûlant.

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