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La gestion de l’eau douce est devenue de plus en plus complexe et coûteuse sur notre planète. La démographie augmente, l’urbanisation se développe, mais les quantités d’eau tombées chaque année sont constantes. En dépit d’un manque d’infrastructures, certaines populations doivent composer avec les ressources de leur région pour subvenir à leurs besoins.
Je suis parti à la rencontre de visages et de sourires cambodgiens dans la région de Siem Reap. Nous sommes en juillet, la saison sèche a duré six mois complets. La mousson est attendue avec impatience. Les premières pluies sont marquées par la cérémonie du Sillon Sacré. Tous les Cambodgiens fêtent l’arrivée de la pluie miraculeuse en exécutant des danses Khmères. Ces abondantes précipitations vont permettre de relever le niveau des rivières, du Mékong (fleuve) et de former le plus grand lac d’Asie du Sud-Est : le Tonle Sap (300 km2 lors de la saison sèche et jusqu’à 10 000 Km2 lors de la mousson). Après la saison des pluies, l’élévation des eaux du Mékong provoque une inversion du courant : le Tonle Sap reçoit le surplus des eaux du fleuve. Sans infrastructure, les Cambodgiens bénéficient d’un lac qui ne s’assèche jamais.
C’est aussi le moment où les travaux rizicoles peuvent commencer. La terre est devenue suffisamment malléable pour aménager les petites digues qui maintiennent l’eau dans les rizières. Avec une seule récolte par an, la gestion de l’eau est minutieuse et constante. Un jour sans eau risquerait de compromettre la récolte de riz. Les Cambodgiens n’hésitent d’ailleurs pas à détourner le cours d’une rivière pour l’envoyer dans un champ.
La saison des pluies rythme la vie des Cambodgiens. La mousson fournit gratuitement, l‘élément incolore, inodore et sans saveur, nécessaire à l’irrigation des terres. Une eau précieuse que le Tonle Sap se charge de recueillir.
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