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Les séquelles de la guerre de 1997
Par Baudouin MOUANDA - Université de Brazzaville




                        
     



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Les Séquelles de la Guerre de 1997

Huit ans après la guerre civile au Congo, je reviens pour la première fois sur les lieux de mon enfance. Je me laisse aller, je marche sans trop savoir où je vais. J’observe, j’enregistre et partout, un seul constat : les rues sont dégradées, les bâtiments ne sont pas repeints. Chemins de fer et écoles, rien n’échappe à ce spectacle de désolation.

Combien d’emplois perdus depuis cette guerre ? Qu’est-ce qu’un pays qui corrompt sa jeunesse et engendre la violence dans les rues ?

Je sors mon appareil photo, et je me souviens. Chaque quartier de la capitale congolaise a son héritage des violences de 1997. Les murs des bâtiments criblés d’impacts de balles, servent d’exutoire, les gens y inscrivent leurs peurs et surtout le souhait de ne plus jamais revivre ce dur moment de l’histoire congolaise.
Le courant hip-hop s’est engagé depuis la guerre à faire campagne pour la paix et la liberté d’expression. Les rappeurs chantent l’amour, la solidarité mais surtout crient leur colère, leur révolte et exorcisent leurs souvenirs de guerre peuplés de fuites et de morts. Les immeubles bombardés servent de studios de répétition, ils y travaillent leurs textes et dansent devant les enfants désoeuvrés de la ville.

Un ancien élève du Lycée Savorgnan de Brazza, écrivait :

La guerre est passée
Les cœurs sont comme crevassés
On fait le décompte des tombés
Des bras cassés des faces bombées
Les loups sont parmi les agneaux
De nos vies il ne reste que des lambeaux
Pendant ce temps le loup fait le beau
Donne la papatte, se roule sur le dos
Va-t-on oublier les familles décimées
Non tant que justice ne sera pas rendue
Va-t-on oublier toutes ces atrocités
Ne le peuvent que ceux qui sont corrompus
On veut la paix à tout prix
Alors payons car la paix a un prix
Drôle d’Etat qui ferme les yeux
Qui affirma que tout est merveilleux (…)

Le conflit qui dura plusieurs mois brisa à jamais des centaines de milliers de familles, condamnées aujourd’hui à vivre dans la misère.

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