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Les pêcheurs d'Acapulco
Par Océane RAGOUCY - Ecole d'Architecture de Paris La Villette




                          
     



Article
Il est six heures du matin à Acapulco. Juan n’a rien à manger aujourd’hui.
Lui et ses amis se sont donné rendez-vous sur la plage pour aller pêcher.
Munis d’une paire de palmes, d’un fil de nylon, de quelques crochets, d’une bouée, d’un couteau et d’un harpon ils sont prêts pour le départ.
Ils entrent dans l’eau, traversent la baie d'Acapulco jusqu'à l'îlot de rochers qui se trouve à une bonne demi-heure de la plage.
Une fois au milieu, ils s’installent sur le rocher le plus protégé des vagues et du soleil et préparent minutieusement leur équipement : il faut stratégiquement compter ses ressources, être attentif à l'environnement et aux conditions climatiques, bien accrocher les hameçons.
Après une heure de rituel, les trois hommes se décident à s'engouffrer dans le tourbillon marin.

Le monde aquatique est unique : calme, il peut aussi être hostile.
Si près des côtes et pourtant si loin de la vie terrestre, aucun de ceux qui restent sur la terre ferme ne peut se l'imaginer.
Les bas fonds ressemblent à l'espace sans pesanteur. Il faut qu'ils adaptent leur respiration et leur mouvement au rythme des vagues, parfois régulières, parfois violentes pour ne pas se blesser contre les récifs tranchants.
Les poissons sont très rapides, seulement parfois ils oublient le danger de leurs prédateurs et succombent à la tentation de l’appât. Alors ils se font attraper par le pêcheur habile.

Pendant que Juan nage après les poissons, ses compagnons vont décrocher les moules, huîtres, et conches qui peuplent la baie.
La nature est généreuse. Elle offre à ceux qui savent lui faire confiance de quoi nourrir leur famille.

Il est déjà 14 heures, le soleil est au zénith, il est temps de rejoindre la rive pour aller vendre les fruits de la pêche.
Ils trient les fruits de mer, les sortent de leurs coquilles.
Fraîchement ouverts ils sont rincés à même les rochers, puis préparés à être vendus avec les légumes et les galettes de mais.
Déjà, les chalands s'agglutinent devant le butin. La douzaine d'huîtres est vendue au plus offrant.

Une fois les affaires achevées, c’est le moment pour Juan et ses amis de savourer le premier repas de la journée ; avant de rapporter le poisson qui sera offert à dîner pour les femmes et les enfants restés à la maison.
Ensemble, pour souder l'amitié et comme pour communier une dernière fois avec la nature, ils profitent du dernier rayon de soleil marquant la fin d’une belle aventure.

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