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Album
Dans la Kagera, un espoir pour les orphelins du SIDA Par Antonin SABOT - Université Jean Monnet Saint-Etienne
Lauréat
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Article
Dans la Kagera, un espoir pour les orphelins du SIDA
La Tanzanie est un des pays les plus pauvres du monde. Un de ceux dont la dette a récemment été annulée. Au-delà des difficultés économiques, ce sont les conditions sanitaires désastreuses qui touchent le plus la population. Dans la région de la Kagera, proche du Rwanda et de l'Ouganda, le taux de prévalence estimé du virus HIV est d'un habitant sur six.
La réalité est cependant complexe à analyser dans cette région et les statistiques ne sont pas fiables. Les médecins de Dar-Es-Salaam, la capitale économique, appellent une fois l'an l'hôpital de Bukoba, la ville la plus importante de la région, pour tenir le compte des décès. Ils attribuent un tiers des morts au VIH sans plus de vérifications.
Les enfants de la région dont les parents sont morts sont souvent appelés « orphelins du SIDA ». Ils ne le sont sans doute pas tous. C'est en effet l'état sanitaire général de la région qui est aussi en cause ici. Paludisme et tuberculose sont encore parmi les toutes premières causes de mortalité. La malnutrition, tout simplement engendrée par l'extrême pauvreté de la région, sévit très gravement. Si bien que l'espérance de vie moyenne est de 43,3 ans.
Dans la culture haya, majoritaire dans la région de la Kagera, on est orphelin dès que l'on a perdu son père. La famille paternelle n'a en effet aucun souci d'aider ses nièces et neveux. Traditionnellement elle récupère même toutes les possessions du défunt. Sa femme et ses enfants doivent partir.
L'association Partage Tanzanie s'occupe de ces orphelins depuis déjà 15 ans. Elle essaye de leur donner les moyens de se maintenir dans leur village. De leur donner une éducation et des terres qu'ils pourront cultiver une fois adulte.
Car malgré l'incertitude sur les chiffres, les orphelins, eux, sont bien là. La génération précédente les a, pendant un temps, totalement délaissés, pensant qu'il n'y avait plus d'avenir à cause du SIDA. Les chiffres récents d'ONUSIDA montrent désormais une amélioration relative dans la région et les adultes se rendent compte que tout n'est pas perdu dans cette lutte.
À Bukoba et dans toute la Kagera on continue donc de vivre. Partage Tanzanie envoie les enfants à l'école, nourrit les plus démunis. Elle lutte contre le paludisme mais aussi contre les mentalités. Celles qui font par exemple que, de manière traditionnelle, un enfant Haya n'a pas de nom avant d'atteindre l'âge de quatre ou cinq ans, c'est-à-dire avant d'être utile à quelque chose. L'avenir des enfants passe d'abord par leurs aînés, l'association apprend à ces derniers à respecter les plus jeunes, à leur permettre de s'éduquer et de s'épanouir. Fruit d'un travail matériel, mais aussi d'un travail sur la manière de voir le monde, l'espoir renaît dans la Kagera.
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