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Stanislav Tišer est un Rom. Les Roms sont la minorité ethnique la plus nombreuse sur le territoire de la République Tchèque. Gitan est un autre mot pour Rom dans la langue tchèque, alors que dans la langue rom, le mot gitan n’existe pas.
Monsieur Tišer dit que le mot gitan a été inventé par les blancs : « Je suis un gitan et je me fiche que l’on m’appelle comme ça. Mais je pense qu’un blanc bien élevé n’utiliserait pas ce mot qui depuis toujours est insultant ».
Néanmoins, le terme de gitan est couramment employé en tchèque pour désigner les Roms. Dans l’imaginaire collectif, le gitan est perçu comme un voleur, un menteur et un tricheur, qui refuse de travailler et parasite le système grâce aux avantages sociaux. Au mieux, c’est un musicien qui joue du violon ou de l’accordéon, ou qui chante bien.
« Je ne suis pas raciste mais je n’aime pas les gitans », telle est la phrase caractéristique illustrant le sentiment au sein de la majorité « blanche » envers les gitans « noirs ».
A l’inverse, ces relations sont tout aussi tendues. Le stéréotype du Tchèque est qu’il est a priori raciste. Dans certains cas, les Roms se servent et abusent de ce prétexte.
Cette situation est en grande partie la conséquence de l’époque du communisme, période durant laquelle le régime a essayé d’intégrer la minorité rom à sa manière : entre autres, interdiction de mener une vie nomade en échange de logements de moindre qualité et de la garantie d’avantages sociaux.
Après la seconde guerre mondiale, des quartiers à forte concentration rome se sont développés soit dans les banlieues HLM soit dans les parties vétustes des villes. Žižkov, à Prague, où habite monsieur Tišer, est l’un de ces quartiers.
Aujourd’hui, une certaine tendance à percevoir l’ère communiste comme une interruption dans l’intégralité ethnique et culturelle des Roms s’est développée. Cependant, nombreux sont ceux qui estiment que le système a donné de l’argent aux Roms pour rien, encourageant le chômage et la criminalité qui en découle.
Des mouvements skinheads reprennent des slogans tels que : « Les gitans aux chambres à gaz » ou encore « vive la Tchéquie blanche ».
La confrontation de mentalités et de modes de vie totalement différents sous la pression de la cohabitation forcée nourrit le manque de confiance et de communication de part et d’autre.
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