Album

Les forçats de l'or
Par Julien CHRAÏBI - Université Paul Valéry Montpellier 3
Grand Prix du Jury




                              
     



Article
Du fond de la brousse du Burkina-faso et de Côte d’Ivoire, des milliers d’hommes partent à l’aventure de l’or. . .
Marche interminable, puits de fortune, richesse pour certains, misère pour tous… une véritable ruée vers l’or digne des grands classiques du Far West américain.

Situé au sud sud-est de Bobo-Dioulasso, le filon aurifère baptisé Fandiola est en passe de devenir une ville. Sa découverte remonte à décembre 2004 quand un puisatier découvrit une pépite de quelques grammes. La rumeur déclencha une ruée, drainant des flux de réfugiés burkinabés de Côte-d’Ivoire et des paysans fuyant la famine nigérienne. Des dizaines de milliers de candidats s’y rendirent avec l’espérance pour tout bagage, un lieu isolé de tout, coincé entre ciel et terre, et n’ayant qu’une seule issue : s’enfoncer et trouver l’or. Malgré une vie terrible personne ne songe à quitter ce lieu, l’or est la fièvre qui fait trembler et rêver les hommes. Ceux qui ne trouvent rien, besognent et se disent que l’or n’est pas loin, et continuent la progression souterraine, la distance entre le courage et l’espérance est insondable. Des puits de soixante-dix mètres pour certains. Le plus grand trajet c’est celui là, chacun le sien, fût-il dans les ténèbres, l’affaire est en route chacun cherche à monter sur le radeau. Fandiola, octobre 2005.


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