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Article
Outrée par les images et les actes barbares commis à Melilla en octobre dernier, j’ai encore été plus choquée en passant par Calais en découvrant alors la misère quotidienne de centaines de sans-papiers en fuite et en transit. Sabordant la théorie de la misère kilométrique, j’ai pris mon appareil photo et j’ai tenté de raconter cette histoire insupportable mais française.
Trois ans après la fermeture du centre de la Croix Rouge à Sangatte, des centaines de réfugiés continuent d’arriver à Calais dans l’espoir de regagner l’Angleterre et y demander l’asile politique. Des femmes, des hommes mais surtout des adolescents errent dans la ville et y survivent dans des conditions d’attente d’une extrême violence à savoir, le froid, la faim, la fatigue, le manque d’hygiène mais aussi la peur et la crainte de ne jamais traverser la Manche. Traqués par la police, soumis à la puissance des passeurs, ils gardent tant bien que mal un peu d’espoir et beaucoup de courage.
Reléguant les autorités, et se mettant hors la loi, des associations calaisiennes viennent en aide à ces exilés. Elles leur offrent le couvert, des vêtements et leur permettent de se laver. Dans certains cas elles les hébergent, conscientes des poursuites de la justice française. Comme quoi en France, certaines personnes n’oublient pas que l’hiver, on ne rentre pas que les plantes et les animaux…mais aussi les hommes.
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